FIAPA en action

La longévité, un défi à la science et à la société

En réponse au document du Parlement Européen sur « Le déficit démographique. Partie 2 : une Europe vieillissante : une société qui s'étiole ? », le Professeur Robert MOULIAS, en concertation avec les membres du Conseil Scientifique de la FIAPA a envoyé le texte suivant aux parlementaires:

« Ce document présente la vieillesse uniquement comme une période d'incapacités conduisant à une inéluctable dépendance. Dans cet aperçu, la vieille personne ne peut être que l'objet d'une assistance passive.

Une telle vision ne correspond heureusement pas à la situation de ces personnes en Europe. La vieillesse est devenue une longue période physiologique de l'existence. L'espérance de vie sans incapacité majeure croit plus vite que l'espérance de vie, y compris chez les personnes les plus âgées. Certes une période de dépendance précède toujours la période terminale de l'existence, mais il en est de même quel que soit l'âge de survenue de cette fin de vie, prématuré ou tardif. Cette période terminale est d'autant plus brève que la mort survient à un âge plus avancé. Nous n'allons pas nous plaindre que l'âge de la mort ait reculé vers le grand âge.

Une large majorité de vieilles personnes conserve toutes ses capacités mentales et des capacités physiques assurant une pleine autonomie pendant la plus grande partie du vieil âge. Seule une minorité, y compris aux âges les plus avancés, est frappée par des infirmités physiques ou mentales. Ces infirmités sont toujours la conséquence de maladies, jamais celles de l'âge à lui seul. Il est aujourd'hui scientifiquement prouvé qu'il n'y a pas de « dépendance liée à l'âge », mais seulement des incapacités liées à des maladies.

Le problème majeur de la vieillesse en Europe n'est pas celui de l'assistance à apporter aux vieilles personnes en fonction de leur âge croissant.

Le nouveau problème majeur est d'abord celui de réintégrer dans la société la nombreuse population âgée qui a conservé toutes ses capacités. Il est scientifiquement démontré que l'isolement et l'inactivité sont les premiers facteurs de vieillissement accéléré et que conserver une activité physique, psychique et sociale est la meilleure façon de réussir son vieillissement. Comment éviter l'exclusion de fait qui accompagne les départs en retraite est un défi non encore résolu.

Les progrès sociaux, économiques, éducatifs et médicaux sont responsables de cette meilleure longévité. Nul ne peut s'en plaindre. Les maladies sévères, mortelles ou invalidantes ont été largement reportées de l'enfance et de l'âge adulte vers le grand âge. Progrès plus récent, les malades chroniques –quel que soit leur âge, peuvent vivre longuement avec leur maladie – et ils y tiennent. C'est ce fait qui accroîtra durablement les dépenses de santé et non le « vieillissement » de la population - qui traduit, lui, une meilleure santé.

De nombreux progrès restent cependant à réaliser en Europe pour améliorer l'accès à des soins compétents pour les malades âgés et surtout pour améliorer la compensation des incapacités secondaires à ces maladies chroniques.

Ce n'est plus de l'archaïque vision déficitaire d'une vieillesse qui n'aurait besoin que d'assistance que l'Europe à besoin. C'est de réfléchir comment intégrer cette nouvelle population dans la société Européenne et de comment mieux compenser les incapacités secondaires aux maladies chroniques – de tous les âges ».

 

Pour en savoir plus  :

Voir le Cahier de la FIAPA n°6 : « La longévité : un défi à la Science et à la Société ».

 

 

 
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